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On me demande souvent à quel moment de ma carrière j’ai opté pour la photographie noir-blanc et le pourquoi de ce choix.

 

Lors de mon deuxième voyage en Inde, encore loin de penser devenir un jour photographe professionnel, j’étais équipé en tout et pour tout d’un Nikon FM2, de 5 films couleurs et de 5 films noir-blanc. Mon objectif était alors de prendre des photographies de la vie à la clinique du Dr Jack Preger.

 

Comment imaginer que près de 30 ans plus tard je serai toujours à ses côtés. J’étais embarqué auprès d’un des plus grands aventuriers de ce siècle… Il deviendrait mon mentor, mon ami.

 

De retour de voyage lors du développement, les photographies en noir-blanc se sont naturellement imposées comme étant le plus à même de transmettre les émotions, l’atmosphère du lieu et l’intensité du moment. Elles permettent d’exprimer directement à l’essentiel, avec pudeur et sans fioritures.

 

Dans un monde si déséquilibré où bonheurs et richesses sont si mal répartis, nous jouons tous notre rôle et avons notre part de responsabilité. Pour le photographe engagé, si l’on veut vivre heureux dans l’hémisphère nord on ne peut vivre dans l’oubli du sud.

 

Les photographes, au même titre que les artistes, ont un rôle – souvent même un premier rôle – à jouer. La photographie est vectrice d’émotions et de compassion. La photographie traditionnelle noir-blanc est une véritable quête de l’essentiel et s’engage à ne pas le trahir. Le photographe est lui-même messager de l’instant vital qu’il capte. La réalité reste mère de ma photographie, le respect du temps qui s’écoule et l’ouverture du cœur sont autant de clés fondamentales à la compréhension.

 

La proximité de corps est toujours de mise. Pour être dans l’image avec son sujet, je tiens l’appareil sur ma poitrine afin de permettre aux regards de rester dans l’équilibre de l’échange. En effet, je ne porte jamais d’appareil photo en bandoulière, c’est pas une dragonne au poignet que je manie ce dernier, ainsi mon appareil semble être une prolongation de ma main, de mon oeil.

BENOIT LANGE - Photographe